Université Côte d'azur

Sociologie specialisee 7

Code de l'ECUE : HLESSP53

PORTAIL SCIENCES DE L'HOMME ET SOCIETE
Sociologie, démographie
Campus Saint Jean d'Angély
Licence 3
Semestre impair
Français

PRESENTATION

Ce cours vise à une spécialisation sociologique des étudiant.es, par l’étude des problématisations des questions de la justice sociale et des inégalités socioéconomiques. Nous commencerons, dans la première partie du cours, par une réflexion sur les théories actuelles, à l'articulation des deux disciplines économie et sociologie. Nous examinerons, par exemple, la contribution des travaux fondateurs d'Amartya Sean et des théories de John Rawls à la critique de la justice distributive et leur usage contemporain pour la mesure des inégalités et du bien-être social. Nous finirons cette partie par un rapide voyage vers d’autres remises en cause de cette mesure : la contribution des féminismes à la question de justice sociale, le concept de « justice sociale bidimensionnelle » de Nancy Fraser et l’analyse de l’intersectionnalité des injustices. Le but est de montrer à quel point la mesure des inégalités loin d'être une simple démarche statistique engage des modèles théoriques de la justice qui ont des origines philosophiques. La deuxième partie du cours vise à présenter aux étudiants comment la sociologie se saisit de la question de la justice, dans une approche plus empirique centrée sur l'analyse de l'expérience sociale de l'injustice. Nous verrons notamment la perspective pragmatique de L. Boltanski centrée sur les valeurs, la sociologie d'Axel Honneth centrée sur la reconnaissance et l’approche pragmatique de l’action collectif de D. Cefai. Afin de mobiliser ces théories sur un cas concret, la troisième partie sera consacré à l’étude de la diaspora arménienne. Nous y essayerons de développer des pistes de problématiques en mobilisant les concepts et théories déjà discutés et de questionner sur le rôle structurant, pour la diaspora arménienne, du sentiment collectif de l’injustice et celui de l’action collectif autour de la revendication de justice.

Responsable(s) du cours

Présentiel

  • 21h de cours magistral

PREREQUIS

Avant le début du cours, je dois ...
  • Consulter les documents, sur la rubrique "Avant la séance" de la première séance, sur Moodle
  • Consulter la bibliographie
  • Connaitre les théories principales de la sociologie

OBJECTIFS

A la fin de ce cours, je devrais être capable de...
  • Mobiliser les différents approches de la justice en étudiant les cas de recherche.
  • Acquérir une spécialisation sociologique sur des problématisations des questions de la justice sociale et des inégalités socioéconomiques.
  • expliquer à quel point la mesure des inégalités loin d'être une simple démarche statistique engage des modèles théoriques de la justice qui ont des origines philosophiques.
  • Connaitre les théories universalistes de la justice et leurs critiques

CONTENU

  • Evaluation

  • PREMIERE PARTIE : Théories de la justice distributive et leurs critiques

    1. La justice distributive :
      • Principes de la justice distributive
      • Normes formelles de l’égalité  
    2. Les critiques de la justice distributive : Une société plus juste est-elle possible ?
      • Théorie de justice rawlsienne : théorie anti-clivante ?
      • Théorie du choix social d’Amartya Sean : alternative à la Théorie de la justice ?
    1. D’autres remises en cause de l’universalité des normesa. 
    • ​​​​​​​Nancy Fraser : contribution des féminismes à la question de justice sociale
    • Intersectionnalité : remise en cause de la norme unique d'égalité

    DEUXIEME PARTIE : Sociologiser la question de la justice

     

    Multiples approches : matérialisme, structuralisme, individualisme méthodologique, structuralisme génétique, sociologie pragmatique…

    1. Approche empirique : voir l’expériences sociale de l’injustice
  • 2. Sociologie des épreuves et les perspectives pragmatiques de la justice sociale

    Luc Boltanski et Laurent Thévenot : critiques de l’intellectualo-centrisme.

    • Etudier les multiples manières de l’établissement du pouvoir
    • Question des inégalités sociales : processus dynamique
    • Méthodologie de la sociologie pragmatique
  • 3. Axel Honneth : reconnaissance et la dignité

    • Reconnaissance et socialisation : connexion étroite
    • L’idée normative de reconnaissance  
    • Justice en tant que reconnaissance
    • Luttes pour la reconnaissance 

    3. Daniel Céfaï :  approche non instrumentale mais pragmatique de l’action collective

    Importance accordée à la microsociologie culturelle : à la construction de sens en situation.

  • 3e Partie – Le rôle structurant de la lutte pour la justice (reconnaissance, réparation) : étude du cas de la diaspora arménienne

    1. La violence destructrice et la construction du sentiment de l’injustice
    2. L’injustice comme expérience singulière, collectif mais structurante 
    3. La lutte centenaire pour la justice 
    1. A partir de ce cas d’étude : réflexion sur les apports et les limites des notions et théories discutées dans les deux premières parties du cours
    • Comment penser l'aspiration des Arméniens à la reconnaissance du génocide arménienne face à la norme unique d'égalité ? Quelle est la place du principe de réparation à côté des principes égalités des chances ?
    • Discuter ce cas à partir des théories de justice rawlsiennes : Peut-on développer une rationalité collective en dehors des réalités sociologiques ? Faut-il définir les principes de la justice à partir de la théorie idéale de justice ou à partir des injustices existantes ?
    • Ce cas est-il un exemple qui justifie la critique des visions occidentalo-centrées de la justice d’A. Sean et sa théorie sur la réversibilité potentielle des relations de pouvoir ? Pourquoi ?
    • A partir de l’approche théorique d’Axel Honneth, comment pouvons-nous analyser la revendication de la reconnaissance du génocide des Arméniens ?
    • Quelles questions faut-il pauser pour saisir les réalités situationnelles et structurelles liées à la question de justice, pour la diaspora arménienne ?
    • Comment comprendre la manière dont les survivant.es, suite à leur déterritorialisation forcée, ont pu construire une diaspora en Europe et rester mobilisés pour une cause relevant la justice, depuis cent ans ? Comment comprendre les ressources mobilisées pour cette mobilisation de longue durée ? 
    • Faut-il faire des enquêtes généalogiques sur la diaspora arménienne ?
    • Faut-il comprendre les vécus personnels des individus pour comprendre la construction et les dynamiques de la diaspora arménienne ?
    • Quelles d’autres questions et quelles pistes de recherche la sociologie des épreuves nous permettrait de développer sur l’expérience de la diaspora arménienne ? Avec quelle méthodologie ?
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Important
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